sábado, 10 de marzo de 2012

Mère des souveneirs, maîtresse des maîtresses

Mère des souveneirs, maîtresse des maîtresses,
Ô toi, tous mes plaisirs! ô toi, tous mes devoirs!
Tu terappelleras la beauté des caresses
La douceur du foyer et le charme des soirs,
Mère des souveneirs, maîtresse des maîtresses!
Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon,
Et les soirs au balcon, voilés de vapeur rose.
Que ton sein m'était doux!
Que ton coeur m'était bon!
Nous avons dit souvent d'impérissables choses
Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon.

Que les soleils sont beaux par les chaudes soirées!
Que l'espace est profond! que le coeur est puissant!
En me penchant vers toi, reine des adorées,
Je croyais respirer le parfum de ton sang.
Que les soleils sont beaux par les chaudes soirées!

La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison,
Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles,
Et je buvais ton souffle. Ô douceur, ô poison!
Et tes pieds s'endormaient dans mes mains fraternelles,
La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison.

Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses,
Et revis mon passé blotti dans tes genoux.
Car à quoi bon chercher tes beautés langoureuses
Ailleurs qu'en ton cher corps et qu'en ton coeur si doux?
Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses!

Ces serments, ces parfums, ces baisers infinis.
Renaîtront-ils d'un gouffre interdit à nos sondes
Comme montent au ciel les soleils rajeunis
Après s'être lavés au fond des mers profondes
O serments! ô parfums! ô baisers infinis!


Le balcon CHARLES DE BAUDILARE

El balcón
Madre de los recuerdos, oh mi amante de amantes, de mis placeres todos, de todos mis deberes, remembrarás belleza traducida en caricias, dulzura de los leños, encantos del crepúsculo, madre de los recuerdos, oh mi amante de amantes. Relumbre de las noches a la luz de carbones, noches en el balcón, entre brumas rosadas, -tu corazón tan bueno, tu melífero seno- inmarcesibles verbos en los oídos mutuos, relumbre de las noches a la luz de carbones. Y los hermosos soles en las tórridas tardes, y el espacio profundo, y el corazón recio, y acercándome a ti, idolatrada reina, sentir que se percibe el néctar de tu sangre, y los hermosos soles en las tórridas tardes. Y la noche se espesa como un parapeto, negritud a mis ojos que adivinan pupilas, las tuyas, mientras bebo, oh dulzura, oh veneno, tu aliento, y tu pies en mis manos se duermen. Y la noche se espesa como un parapeto. Así evoca mi arte los felices instantes, yo repaso ese ayer ovillado en tus piernas. ¿Para qué pretender tu beldad falleciente si aquí están tu cuerpo y el dulzor de tu espíritu? Así evoca mi arte los felices instantes. La promesa, el perfume, ese beso infinito, ¿volverán del abismo que no miden las sondas, como tornan al cielo esplendentes los soles cuando los purifica el recóndito océano? Oh promesa, oh perfume, oh ese beso infinito.

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