A Simone de Beauvoir
Esas muchachas que vemos por primera vez
no tiene improtancia - nos las cruzamos-
tienen unos ojos tan duros
y unos cuerpos tan duros y morenos por el sol
nos dan ganas de hacerlas llorar
Están cerradas en sí mismas-
en nada.
están más cerradas de lo que imaginamos
querríamos que lloraran por mucho tiempo
siempre se espera que la sangre venga
al final de las lágrimas.
Ríen y apartan sus cuellos duros
lacios- o rizados y recogidos en moños duros
pero esperaríamos mucho tiempo
no hay mas que lágrimas
incoloras -tibias- inútiles-
son como esos granos en la piel
rosas, hinchados, llenos de algo
los apretamos -y no es más que pus
sos-blanco-inútil
habría que desgarrarlas,
hurgarlas en profudidad con cuchillas de afeitar
cortar su boca a tiras.
tendrían una lengua de labio sobre cada diente
habría que perfeccionarlas
hendirles un segundo sexo* al bies
de modo que el hombre sobre la mujer
formaran como una cruz
y se podría caminar sobre ellas sin temor
habría que ahondarlas, vaciarlas
de esa maldad de vacío que llevan.
Darse cuenta de que no hay nada
Sin embargo, querríamos que lloraran.
Siempre se espera ver llorar a la nada.
Desgarrarlas con cuchillas de afeitar
o con grandes cuchillas rectas sujetas con cordeles
Iríamos a desgarrarlas con las cuchillas
como vamos a examinarnos de bachillerato
con un tintero en el extremo de un cordel
cuando se hace girar el cordel
alrededor de la cabeza, la cuchilla gira a su vez
sobre sí misma, con un ronco ronquido
las heridas son bellas:pequeños huecos limpios
parecidos a mordiscos de ciruela.
Naturalmente, ellas mueren -para vengarse-
y siguen siendo las mismas, duras y frías
ya no podemos hacerlas llorar
hay que aplastarlas, con mazos de hierro,
mezclar la sangre y los huesos
después cortar todo en peqeños dados
y venderlos
en un papel amarillo y chocolate.
Pueden incluso envolverse cinco dados a la vez
en otro papel -tipo vegetal-
pues se debe, siempre y en todo lugar
respetar el sistema decimal
creado por el hombre a su imagen.
BORIS VIAN de Cantinelas en jalea
LES MERS DE CHINE
À Simone de Beauvoir
Ces filles que l'ont pour la première fois
ce n'est rien -on les croise-
elles ont des yeux si durs
et des corps si durs et tannés par le soleil
on a envie de les faire pleurer.
Elles sont fermées sur elles-mêmes.
Sur rien.
Elles sont si bien fermèess qu'on s'imagine.
On voudrait qu'elles pleurent longtemps.
On espère toujours qu'il viendrait le sang
au bout des larmes.
Elles rient,et rejettent leurs cheveux durs
raides -ou frisés et dressés en coques dures
mais on attendrait bien longtemps
il n'y a que les larmes
incolores - tièdes- inutiles-
elles sont comme ces boutons sur la peau
roses, gonfllés, riches de quelque chose
on les presse -et ce n'est qu'humeur
fade - blanche- unitile.
Il faudrait les déchirer
les fouiller profondément avec des lames de rasoir
découper leur bouche en lanières.
Il y aurait une langue de lèvre sur chaque dent
il faudrait les perfectionner
leur fendre un second sexe en travers
si bien que l'homme sur la femme
cela ferait comme une croix
et on pourrait marcher dessus sans crainte
il faudrait les creuser; les vider
de cette menchanceté de vide quèlles pleurent.
on espère toujours voir pleurer le néant.
Les déchirer avec des lames de rasoir
ou de longs rasoirs droits tenus par des ficelles
on irait les déchirer avec les rasoirs
comme on va passer le bachot
avec un encrier au bout d'une ficelle.
Lorsque l'ont fait tourner la ficelle
autour de sa téte, le rasoir tourne à son tour
sur lui-même, avec un rauque ronflement
les blessures sont belles: de petis creux nets
pareils à des morsures dans des prunes.
Naturellement, elles en meurent -pour se venger-
et elles restent elles-mêmes, dures et froides
on ne peut plus les faire pleurer
on doit les écraser, avec des masses de fonte,
mélanger le sang et les os
puis en couper des petits cubes
et les vendre
dans un papier jaune et chocolat.
On peut même envelopper cinq cubes à la fois
dans un autre papier -genre sulfurisé artificiel-
car on doit, toujours et partout
respecter le système décimal
créé par l'homme à son imagen.
BORIS VIAN dans CANTILÈNES EN GELÉE
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